Ici, l’architecture ne cherche pas à imposer une présence, mais à ouvrir une brèche où la mémoire peut se déposer.
Pour le Mémorial de la Shoah de Lyon, l’intervention architecturale a consisté à accompagner l’artiste Nathalie Rodach dans la traduction spatiale d’un geste mémoriel fort. Le défi était de concevoir un lieu qui ne soit pas seulement un monument, mais une expérience — un passage, une brèche habitée par la mémoire.
L’architecture a ainsi permis de structurer le dialogue entre le visible et l’invisible, entre la ville et l’histoire, entre le dehors et l’intime. Elle a contribué à façonner une traversée sensible où lumière et matière invitent au recueillement. La forme découle d’un travail de précision : mise en tension des masses, orientation du regard, intégration du sol comme mémoire du lieu. L’objectif était de donner à l’œuvre la possibilité d’agir sur celles et ceux qui la traversent, non par une monumentalité imposante, mais par la force d’un silence construit.
C’est dans cette épure que le geste architectural rejoint le geste artistique : pour que l’espace dise ce que les mots parfois ne suffisent pas à porter.








