Un dialogue
peut surgir
de mille manières.
Les mots en sont une, la matérialité en est une autre. La cabine qui voulait écouter la mer est un dialogue, une rencontre entre art, architecture et nature. Plus qu’une construction fonctionnelle, elle est une caisse de résonance du paysage, une membrane sensible tendue entre l’homme et la mer. Ce projet vise à relier la poésie des éléments à l’efficacité d’une conception durable, la technique et le naturel, le romantisme et le rationalisme, le triomphe et la mélancolie. Ce dialogue renvoie à l’idée d’un renouveau de la pensée : la dialogique, car « la vie est par nature dialogique et vivre, c’est participer à ce dialogue. »
Construite avec des matériaux naturels bio et géo-sourcés – bois, paille –, cette cabine s’inscrit dans une démarche d’éco-construction ancrée dans les savoir-faire locaux de Normandie. Chaque matériau utilisé témoigne d’un dialogue harmonieux entre l’homme et son environnement. En valorisant ces ressources régionales, le projet soutient les filières artisanales et réaffirme l’importance des pratiques de construction respectueuses de l’environnement. La structure bois a été pensée et dimensionnée pour être assemblée avec le minimum d'éléments (assemblages par tenon mortaise), la couverture en chaume (issue de réemploi) a été choisi pour ses qualités acoustiques et sensorielles.
Placée sur la plage, non loin des vagues, la cabine capte et met en scène un paysage sonore en perpétuel mouvement. Les parois intérieures, par leur géométrie permettent une diffusion homogène des sons extérieurs, rendant l’espace plus réceptif aux vibrations de la mer. L’intérieur devient un instrument de perception, un amplificateur d’écoute. Le vent qui s’engouffre dans les interstices, le ressac des vagues, les variations de l’air, tout concourt à faire de ce lieu une expérience immersive. Chaque son est perçu dans sa texture la plus fine. Le silence ici n’existe pas, il est habité, vibrant, modelé par le dialogue incessant entre la cabine et la mer. Une connexion sensorielle qui se veut comme une invitation à se déconnecter des tumultes modernes.
L’intérieur est baigné de teintes bleues, rappelant l’horizon marin. Cette couleur réduit le stress et favorise un sentiment de sérénité, tandis que la lumière filtrée accompagne les fluctuations sonores. Chaque détail est pensé pour amplifier l’immersion : le sol légèrement surélevé accentue la sensation de flottement, les matériaux absorbants modulent les fréquences, offrant une écoute douce et enveloppante. L’équilibre entre design et fonctionnalité reflète une volonté de créer un lieu simple mais essentiel, où chaque détail contribue à une expérience immersive.
La cabine qui voulait écouter la mer n’est pas qu’un projet architectural. Elle porte avec elle une ambition : celle de rappeler la richesse des interactions avec la nature. Elle est une expérience sensorielle, une architecture sonore qui invite à entendre l’invisible. Un lieu hors du temps, où le monde extérieur s’efface pour laisser place à une écoute profonde du paysage. Elle devient un symbole de reconnexion, une passerelle entre l’homme et son environnement.







